Biographie de l’auteur

Courte autobiographie

Je suis né à Paris (France) sous l’occupation allemande en 1941 ; j’ai donc vécu les quatre premières années de ma vie dans un contexte de violence guerrière. Certes, ce n’est pas comparable aux souffrances des familles qui vivent au Proche-Orient et au Moyen-Orient dans la peur depuis des décennies. Pourtant, la guerre a bouleversé mon enfance ; j’ai appris très tôt et pour toujours la fragilité de la vie.

À cinq ans, accompagné de mes parents et de mon jeune frère, j’émigre au Québec (Canada), plus précisément à Montréal dans le quartier Parc-Extension où à l’époque il y avait encore de grands terrains vagues.

Dès la fin de l’école primaire, comme mes parents ne peuvent pas vraiment me conseiller au plan scolaire, je décide seul de poursuivre des études avancées pour me créer un avenir et combler ma passion d’apprendre. C’est à ce moment que le ministère de l’Éducation du Québec permet la création d’une première section du « Cours classique » à la CECM (actuellement CSDM) pour les quatre premières années ; ce cours, fréquenté par l’élite aisée et « libérale », est désormais offert à une classe sociale modeste et même pauvre. L’occasion m’ouvre la voie et j’accepte donc de faire partie des deux premières classes du « Cours classique » public. Travailleur acharné, je suis un premier de classe et souvent un deuxième.

Après les huit années du « Cours classique », même si je suis curieux de tout et passionné de sciences, je choisis d’étudier pendant quatre ans à l’université en Sciences des religions, car je suis particulièrement attiré par la dimension spirituelle de l’existence ; je complète ainsi une année de doctorat (sans thèse). C’est aussi à cette époque que je fais une rencontre définitive ; celle-ci me permettra de vivre l’amour conjugal qui est au cœur de toute ma vie.

Au Québec, être un jeune professeur de Sciences religieuses en même temps que la « révolution tranquille » n’est pas prometteur au niveau professionnel. Aussi je décide, même si ma famille compte déjà deux très jeunes fils, de me réorienter professionnellement ; mon premier choix est la psychologie clinique, mais finalement, c’est l’informatique, une voie évidente pour l’avenir.

Après trois années d’études en Sciences pures (avec une spécialisation en informatique) à l’université, je travaille comme programmeur-analyste dans le public et le privé. Ensuite, je m’oriente vers l’enseignement au niveau collégial (les Cegeps). J’occuperai ce travail de professeur en informatique (surtout des divers langages de programmation) jusqu’à ma retraite ; c’est à ce moment que l’Internet va se développer pour le grand public. J’ai ainsi connu en quelques décennies l’évolution fulgurante de l’informatique depuis les premières cartes perforées.

La retraite s’annonce captivante. Plus de temps pour lire et pour écrire, comme je l’ai fait toute sa vie, même si je ne me considère pas comme un écrivain. Avec mon épouse qui connaît l’art des émaux sur cuivre, je développe une expertise artisanale dans le domaine des géodes et des pierres semi-précieuses. Plus de temps aussi pour des vacances en amoureux…

Quelques années s’écoulent et, à la fin de l’année 2000, la maladie frappe durement : un lymphome ! Ce cancer m’entraîne dans un véritable tourbillon. En même temps, durant la pire année de la maladie (en 2002), une expérience spirituelle éclaire toute ma vie. Les pronostics de rémission sont toutefois négatifs, la mort est imminente, la fin est proche, mais je suis encore là après plus de dix ans.

Après un début incertain de rémission (2003) et quelque dix ans d’écriture, je produis (en 2012) un premier essai, Pourquoi… moi?, où je présente mes réflexions sur la maladie, la souffrance, le système de santé, la force de l’amour conjugal et évidemment mon expérience spirituelle d’une grande intensité intérieure.

Comme je connais très bien les grands auteurs du Carmel[1], je publie (en 2013) un second essai, La spiritualité du Carmel. Ayant vécu en profondeur des souffrances physiques et psychologiques, je prends position à l’égard du dolorisme chrétien qui a prévalu pendant des siècles dans le christianisme.

Il était essentiel pour moi de faire un retour critique sur ces années de maladie et d’expériences spirituelles. Je me devais d’approfondir rationnellement les données de la théologie, de regarder de plus près les valeurs du christianisme primitif, de faire des analyses exégétiques des textes du Nouveau Testament, et surtout de tenir compte des connaissances acquises grâce à la phénoménologie des religions. Est-ce que j’allais maintenir ma position sur une « spiritualité d’inspiration chrétienne détachée des religions » ? C’est ainsi que je publie (en 2016) mon troisième essai, Espérances pour un prochain millénaire. J’y fais la synthèse de toutes les réflexions de ma vie, tellement unifiée, sur l’Histoire, les guerres, les religions, les spiritualités, la conscience et le temps, la mort, le sens possible de la vie…

[1] Thérèse de Jésus, Jean de la Croix, Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face, Élisabeth de la Trinité.