Espérances pour un prochain millénaire

Prologue de cet essai.

Je ne suis pas né dans le bon siècle, c’est certain ! Aurais-je été plus à l’aise dans un siècle précédent ? Pas du tout ! Peut-être dans un siècle futur ? Ce n’est pas évident ! Alors que les sciences biologiques et technologiques vont inévitablement modifier la génétique même de l’être humain, qu’en sortira-t-il ? Un homme plus spirituel et humain, plus pacifiste, plus respectueux des autres, un homme de partage des connaissances, des ressources et des richesses, ou bien un homme plus égoïste et matérialiste, plus militaire, plus préoccupé de ses intérêts, de ses possessions, de ses actions en bourse, de l’or et de l’argent ? Un homme-femme égalitaire ou un mâle majoritairement dominateur ? Jusqu’à maintenant l’Histoire[1] a démontré globalement la même règle simple de la force brutale, voire armée. L’unité de mesure de l’espérance ne peut plus être le siècle et le millénaire[2] me paraît plus adéquat malgré l’incertitude ! Il n’est donc pas étonnant que je me sois posé la question « Suis-je né sur la bonne planète ? »[3]. Alors que les astronomes considèrent qu’il y a de fortes probabilités d’une vie (intelligente ?) dans quelque galaxie éloignée, alors que tant de savants scrutent religieusement[4] le firmament infini dans l’espoir d’une rencontre inimaginable, pourquoi ne suis-je pas né sur une autre Terre plus hospitalière et plus pacifique ? Je sens en moi le poids de souffrances[5] indescriptibles dans de nombreux pays et je ne vois pas comment les soulager ; l’ampleur du drame me dépasse totalement.

On entend sans arrêt qu’il faut « sauver la planète et l’environnement », mais le problème vient de l’homme lui-même[6]. Mis à part les catastrophes naturelles et les épidémies que l’homme ne contrôle pas directement, mais dont il est partiellement responsable, celui-ci n’a pas appliqué jusqu’à maintenant une éthique humaniste et une justice égalitaire au sein de la vaste diversité planétaire. L’homme ne respecte pas l’homme et en conséquence il n’arrive pas à respecter les milieux de vie des hommes. La pauvreté, parfois tellement excessive qu’on ne peut pas la regarder en face et admettre sa réalité, est la cause principale la plus profonde de tous les malheurs, de toutes les violences, de toutes les guerres qui servent de canevas à l’Histoire. La pauvreté résulte de la dureté du cœur ; elle est à la base de la « maudite pyramide »[7] dominée à son sommet par tous les oligarques riches, puissants et dominants.

Voici un exemple concret, tellement évident, mais aussi opaque que tabou pour de nombreuses organisations : « l’empreinte écologique » du militaire ! Bien avant le recyclage du verre, du papier et des boîtes de conserve, et sans parler des « dommages collatéraux », quels déchets les guerres ont-elles laissés dans le sol, sur le sol, dans les lacs et les mers, dans le ciel ? Bombes A, Bombes H, essais nucléaires en pleine mer ou en des lieux considérés désertiques, navires au fond des océans, villes dévastées, terrains souillés, armes bactériologiques, tas de ferrailles oubliés, obus dispersés, mines antipersonnelles abandonnées… Et que dire de ces terrains qui servent de zone d’apprentissage pour les soldats ? Et de ces énormes budgets pour la « Défense » (faudrait-il dire « Attaque » ?) ? N’est-on pas capable d’avoir des systèmes économiques et des industries basés sur la paix ? Qui entretient les guerres « d’ailleurs » pour en tirer des profits considérables et, paraît-il, « créer des emplois » ? Qui vend des armes[8] ? Qui taxe ces ventes ? Qui s’endette ? Pourquoi ne pose-t-on pas ces questions à chaque fois qu’il est question de guerres dans les médias d’informations ?

Cet essai porte sur l’observation de nombreux siècles, mais je n’ai pas inclus l’époque actuelle[9] récente pour la simple raison que n’importe qui pourra faire le lien entre le passé et le présent ; les exemples ne manquent pas parce que toutes les catastrophes humanitaires actuelles résultent des époques précédentes. Il y a continuité[10] et c’est cela même qui est inquiétant pour le futur ! Comment faire pour opérer des conversions d’attitudes et des changements radicaux de comportements dès maintenant ? Où trouver des catalyseurs efficaces ?

Cet essai a été créé dans une double urgence. Il y avait l’urgence personnelle, le manque de temps devant soi, et ce sentiment intérieur qui surgit avec l’âge avancé et la maladie. La seconde urgence est toujours actuelle, celle d’un cancer généralisé sur la planète, un cancer d’égoïsmes économiques, financiers, politiques, industriels, technologiques… ; alors, je me suis demandé s’il y avait un remède possible du côté des religions ou des spiritualités. Est-ce que l’amour, cette indéfinissable réalité, pouvait fournir une réponse réaliste ?

Pour essayer de répondre à ces questions, il y a dans cet essai cinq parties où j’explore différentes hypothèses. La Partie I expose le problème de la fragilité de la vie et de la conscience de la mort dans un univers peu hospitalier. La Partie II analyse l’option des religions en examinant la phénoménologie des croyances religieuses dans l’Antiquité, en étudiant la répartition des religions sur la terre et en observant les fêtes religieuses actuellement. La Partie III porte plus précisément sur les valeurs du christianisme et ses faiblesses ; un important approfondissement est fait en étudiant les œuvres des auteurs chrétiens des premiers siècles de l’Église naissante et en extrayant les résultats d’une exégèse serrée de thèmes choisis dans les textes du Nouveau Testament ; il y a enfin un complément sur le bouddhisme. La Partie IV propose une réflexion sur l’expérience spirituelle. La Partie V conclut en suggérant des options éthiques.

Ce troisième essai est sans doute la meilleure réponse que je puisse trouver à la question qui servait de titre à mon premier essai Pourquoi… moi ?

[1] Je parle des comportements et des attitudes collectives ! Je sais que des individus travaillent positivement à améliorer la vie humaine, mais leurs efforts n’ont qu’un impact minime. Je voudrais bien croire à « l’effet papillon » de gestes d’amour, mais je n’en vois pas vraiment les résultats au niveau de ce qu’on pourrait appeler une « macroéthique ».

[2] D’où le titre de cet essai !

[3] Pourquoi… moi ?, p. 82, 86-89 ; dans le présent essai, le sous-chapitre 2.5.

[4] Je trouve que les astronomes ont une attitude « religieuse » qui dépasse les approches scientifiques quand ils espèrent percer le secret du début (relatif) de notre univers. Pensent-ils rencontrer la main de Dieu à l’origine du « Big Bang » ? Comment a-t-on fait pour trouver des millions de dollars et construire d’immenses complexes technologiques pour regarder et écouter le firmament ; quels arguments a-t-on apportés pour convaincre les gouvernements et les investisseurs privés ?

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Espérances pour un prochain millénaire, Sauver l’homme avant la planète

Ce troisième et dernier essai est la conclusion d’une double trilogie.

La première trilogie correspond aux trois périodes de la vie spirituelle de l’auteur qui s’est développée de manière linéaire et cohérente au-delà de sa vie professionnelle (enseignement de l’informatique au niveau collégial). La première, la plus longue, fut celle de la recherche de la connaissance de Celui que l’on appelle Dieu à travers de nombreuses lectures et réflexions, d’expériences humaines et surtout de l’amour conjugal ; il y eut des alternances entre ce qu’on appelle la foi d’inspiration chrétienne, de l’agnosticisme et de l’athéisme. La seconde, la plus courte, fut celle d’une expérience spirituelle d’une grande intensité durant son lymphome ; la connaissance de Celui qu’on appelle Dieu l’a amené à le voir comme un ami (et non pas un père) à travers l’accompagnement indéfectible de chaque conjoint pour l’autre. La troisième, le « bout de chemin » tant désiré avant la toute fin, fut l’effort de rationalisation pour saisir les dimensions de sa spiritualité en approfondissant et en synthétisant toutes les réflexions effectuées durant sa vie.

La deuxième trilogie est celle de ses trois essais qui expliquent ses convictions en matière de spiritualité. Le premier essai Pourquoi… moi ? décrit l’expérience du lymphome au quotidien, apporte des réflexions sur le système de santé, précise l’expérience spirituelle dans le contexte d’un amour conjugal exceptionnel ; l’auteur a bien indiqué que sa spiritualité d’inspiration chrétienne était détachée de toute religion. Le second essai La spiritualité du Carmel lui a permis de prendre une position ferme et honnête sur le dolorisme chrétien qui a été valorisé pendant des siècles. Ce troisième essai Espérances pour un prochain millénaire est le résultat de toutes ses réflexions sur la spiritualité, les religions, l’Histoire, la violence guerrière, la science et ce qu’on appelle la foi… Il propose finalement un pari éthique qui dépasse même les origines du christianisme pour recher­cher une expérience spirituelle universelle.

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Prologue

Section A     Réflexions personnelles, Exposés de base, Analyses générales

Partie I         Le défi de l’existence consciente

Chapitre 1    La fragilité de la vie

La mort

La conscience et le temps

Une petite trace après la vie

Chapitre 2    La violence dans l’univers et l’univers de la violence

La nature en évolution

Le phénomène humain de la guerre

La non-violence

Le phénomène humain de la religion, La survie, La religion et l’angoisse existentielle, Les conceptions sur Dieu, Les institutions ecclésiastiques, Les guerres de religion, La laïcité

Le rêve d’une Terre nouvelle

Partie II        L’option des religions

Chapitre 3    Les croyances religieuses dans l’Antiquité

De l’imaginaire à la réalité

L’animisme et la proximité de la nature

Les explications mythiques

Les psychodrames divins

La naissance du monothéisme

Chapitre 4    La répartition géopolitique des religions

Observations générales

Une Terre divisée entre ses pays-propriétaires

L’Histoire, les guerres et les religions, Les religions majoritaires, Le christianisme, L’islamisme, Les religions orientales

Les minorités et d’autres cas particuliers, L’animisme, Une religion universelle, L’espace vital

Le nerf de la guerre

Le prix de l’indépendance

Chapitre 5    Les fêtes religieuses actuelles

Les fêtes civiles et religieuses

La survivance de l’animisme ancien et le syncrétisme

Un retour animiste aux religions anciennes

Statistiques sur les « non-affiliés » et les « autres »

Fêtes religieuses en pays (théoriquement) athées

Fêtes chrétiennes

Fêtes juives

Fêtes musulmanes

Fêtes orientales des régions de l’Inde

Dérives de la religion

Chapitre 6    Conclusions sur les religions actuelles

Partie III       Le christianisme

Chapitre 7    Les valeurs du christianisme

Une christologie déficiente

L’accident et le miracle

Le Créateur et le Rédempteur

La vérité dans l’enfance

Chapitre 8    Un humanisme chrétien

À la recherche d’une éthique d’inspiration chrétienne

L’éthique dans la communauté chrétienne primitive

Chapitre 9    L’apport de l’humanisme bouddhiste

Religions et mysticisme

Les négations

La réincarnation et les castes

Chapitre 10  Le christianisme primitif, les égarements, un Dieu trinitaire

Les égarements du christianisme, Introduction, L’influence de Rome, L’influence du martyre, La dévalorisation du couple et de la sexualité

Un Dieu trinitaire

Chapitre 11  L’exégèse des textes du Nouveau Testament

La phénoménologie des religions et les méthodes d’exégèse

L’approche exégétique, Les méthodes d’exégèse, La naissance du Nouveau Testament, Le canon, Les langues, Les sources

Qui est le Jésus historique né à Nazareth ?, La notion d’historicité, Le mystère Jésus, Jean le Baptiste fut-il le mentor de Jésus  ?, Jésus en relation avec les autres

Jésus et ses concurrents, Les pharisiens et les sadducéens, Les esséniens, Autres groupes

Quel est l’essentiel de la prédication de Jésus ?, Les critères d’historicité, De quel Dieu et de quel Royaume s’agit-il ?, Les jugements sur la hâlâkâ, La promesse d’une justice intégrale, Le dépassement dans l’amour

Jésus a-t-il fait des miracles ?, Le miracle et la science, Le miracle dans le Nouveau Testament, Les exorcismes, Les guérisons, Les résurrections, Le contrôle de la nature

Partie IV       L’expérience spirituelle

Chapitre 12  Ce qu’on appelle la foi

L’agnosticisme, l’athéisme et la foi

L’expérience spirituelle de l’Absolu, Le lymphome et l’amour, Le phénomène mystique

La marque de la Transcendance

Partie V       Le choix éthique

Chapitre 13  Les choix personnels

L’incroyance généralisée

La recherche du sens de la vie

L’Histoire, la science et la foi

De l’athéisme à la foi

Un pari éthique

Section B     Compléments et approfondissements, Exposés détaillés, Analyses techniques

Notes complémentaires

Bédouins, Touaregs, Mongols, Huns, Polynésiens, Mayas, Aztèques, Sumériens, taoïsme, shintoïsme, Chinois, Japonais, Égypte, Grèce, Rome, panthéon indien, Afrique, Amérique du Nord, mazdéisme, zoroastrisme, peuples primitifs, langue du colonisateur, États-Unis, Royaume-Uni, France, Australie, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Danemark, Chine, Israël, Espagne, Portugal, Maroc, entités politiques

Le christianisme (Europe, langues importantes, langues courantes non officielles, Océanie, Asie, Afrique, Amérique du Nord, Amérique centrale, Amérique du Sud, Antilles, pays conquérants, monarchie, pays conquis, système monarchique)

L’islamisme (trois pays, Asie de l’Est, Afrique)

Les religions orientales (sous-continent indien, deux pays)

L’espace vital (trois religions importantes, les régions et les continents, Europe du Nord, Europe occidentale, Europe du Sud-Est, Europe de l’Est, Asie centrale et occidentale, 19e siècle, 20e siècle)

Les fêtes (cadeaux, nouvelle année, fête des amoureux, fêtes nationales, fêtes saisonnières, fêtes de toutes les religions, carnavals, pratiques religieuses, saints, prétextes, fêtes préchrétiennes, jaïnisme, theravâda, vajrayana)

Annexe 1     Datation des principaux événements au début de l’ère chrétienne

Annexe 2     Datation des premiers écrits chrétiens

Annexe 3     Thèmes abordés dans les deux premiers essais

Annexe 4     Bibliographie

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Je rappelle que tous mes Essais-Témoignages peuvent être téléchargés gratuitement en format numérique.

Tout aussi longtemps que mon éditeur La Fondation littéraire Fleur de Lys (ou un successeur ayant les mêmes objectifs) existera et qu’il aura avec moi une licence de publication, alors mes œuvres pourront être téléchargées à partir du site de cet éditeur en format PDF ou ePub; sinon, les œuvres pourront être téléchargées à partir de ce site.

Téléchargements à partir du site de mon éditeur:

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http://www.manuscritdepot.com/n.gabriel-escalmel.3.epub

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Voir la page Pourquoi… moi?

Voir la page La spiritualité du Carmel